Chers Amis et Compagnons,

Le bilan de l’année qui vient de s’écouler a été marqué par une activité intense de toute l’équipe de la Fondation, chacun à son poste, dans un souci de qualité de la tâche  accomplie, au service de la mise en valeur d’un grand personnage historique, homme d’action et de pensée, et de son œuvre grâce à laquelle chaque citoyen de France  a vu changer sa vie au XXe siècle comme à l’actuel.

Car De Gaulle a changé nos vies, et pour longtemps ; nous pouvons nous poser la question : comment vivrions-nous si le Général n’avait pas été là ?

Nos existences surgissent toujours de faits réels, d’un monde concret que le Général a initié et modelé.

Comme dans les partitions musicales, chaque note s’appuie sur des silences plus ou moins longs ; comme les pilles du viaduc de Millau jaillissent de la terre, l’action jaillit de rêves et d’espérances.

C’est en fonction de ce regard sur l’histoire et le monde que l’année 2017 est attendue.

Nous avons à mettre en valeur ce que nous sommes et ce que nous faisons.

D’abord nos institutions, sans cesse attaquées par ceux pour qui les titres et les fonctions ont plus d’importance que les convictions au service de la France.

Ensuite notre identité qui s’inscrit aussi bien dans notre Défense nationale, dans l’inventivité de notre Recherche, dans notre langue partagée par 600 millions d’hommes et de femmes dans le monde, dans la force de nos créations artistiques dans tous les domaines. Mais il nous reste tant à faire pour être à la hauteur de nos espérances que le Général a su nourrir et initier.

Notre devoir est de rappeler que le social dans l’action publique n’est pas seulement d’ordre quantitatif se limitant aux statistiques du chômage par exemple.

L’action sociale c’est réconcilier l’Homme et l’idée même de travail.

Comment se fait-il qu’après des décennies d’amélioration de la qualité des connaissances et des savoirs, l’homme dans son travail soit le même, sans davantage de responsabilités ; apprendre les nouvelles technologies, la gestion, l’économie en plus du simple geste de production sans que cela ne serve à prendre une plus grande part dans les décisions de l’entreprise. Chaque salarié apporte de la richesse par son talent, son geste ou son intelligence. Alors pourquoi l’indifférence ou l’hostilité à l’idée de participation ?

Des hommes plus formés que jamais et des hommes encore moins associés à la vie de leur entreprise, il y a de quoi se révolter contre une telle incohérence l’année même de l’anniversaire  des premiers textes sur la participation de 1967 !

Comment aussi réduire la pensée et l’action politique au fait religieux ? De Gaulle n’a jamais agi au nom d’une religion mais toujours au nom d’une nation qui est la nôtre. La croix, les croissants, les dalles sans aucun signe dans les cimetières de la grande épopée de la Libération sont là pour témoigner que la France n’est pas seulement chrétienne mais aussi fruit du siècle des Lumières.

C’est un sujet qui surgit dans la réflexion politique française. Ne laissons pas la pensée du général de Gaulle s’empêtrer dans les manipulations d’hommes sans scrupules qui utilisent un ressenti personnel et intime pour bâtir leur carrière.

Mes vœux vont donc à toutes celles et tous ceux qui acceptent une sorte de charte morale pour ne pas utiliser le gaullisme à tout bout de champ pour justifier leurs positions personnelles.

Tous mes vœux à la Fondation et à chacun qui l’anime, la soutient, lui donne force et ambition.

 

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