Le 6 décembre 2016, le président Godfrain a rendu hommage à l’Ingénieur général René Bloch dans la Cour d’honneur des Invalides. 

L’Ingénieur général du génie maritime René Bloch a consacré sa vie à rapprocher la pensée de l’action. Mais il ne se satisfaisait pas de la résolution de cette équation entre le rêve et la réalité, il savait que l’action n’était possible qu’avec une dimension humaine. Sa recherche inlassable d’une attitude liée à la spiritualité, au rôle essentiel de l’esprit était une très ultime réponse à cette idée répandue en ce début de XXe siècle selon laquelle les sciences et les techniques prenaient le pas sur la foi et les croyances.

Il traduisit en acte cette certitude selon laquelle la pensée vers la recherche obstinée de l’inspiration religieuse était parfaitement compatible avec les techniques les plus avancées.

Peut-être ce rapprochement trouvait-il son application dans les avions qu’il conçut et dont la beauté était la caractéristique la plus évidente.

Comme Marcel Dassault qui décrivait d’abord ses avions comme beaux, l’ingénieur général Bloch a fait de ses engagements l’expression de la beauté d’une vie.

Il répond sans aucune hésitation à l’appel du général de Gaulle en rejoignant la France Libre via l’Espagne et l’Afrique du Nord.

Sa propre vie est en cause à tout moment.

Avec la Première Division française libre, il participe à la campagne d’Italie, au débarquement en Provence, à la campagne de France ; il arrive à Belfort proche de la terre natale de sa famille d’Alsace.

Il frôle la mort à la suite d’une très grave blessure, comme Yves Guéna. Mais il savait que cette promiscuité permanente avec une disparition prématurée était pour une juste cause.

Après la guerre, il met toute son intelligence au service de la République et de la France.

Il dirige les programmes des avions comme l’Aquilon, le Zéphyr, l’Alizé, l’Etendard et l’Atlantic sans lesquels, aujourd’hui, la France ne serait pas un des pays majeurs du monde dans l’aéronautique.

Le retour au pouvoir du général de Gaulle en 1958 lui permet de jouer un rôle essentiel dans tout le rayonnement de la technologie française dans le monde.

Toutes ses recherches et leurs applications lui font approfondir ses convictions métaphysiques.

Le 17 décembre 1970, une décision illustre cette quête.

Il dirige alors le Centre d’essai des missiles des Landes au sein duquel il exige que Dieu ait sa place. A côté des machines les plus modernes, il installe un centre dédié pour que nous nous souvenions de la parole divine rapportée par le prophète Isaïe ; bref une maison commune où toutes les nations et toutes les confessions se retrouvent.

René Bloch incarnait une conscience en incarnant l’Etat qu’il servait au sens le plus noble qui soit dans le plus parfait désintéressement.

Comme son si proche ami Pierre Messmer, il a bien mérité de la France.

Nous accompagnons aujourd’hui René Bloch qui a rejoint la paix de l’âme et de l’esprit avec l’immense respect dû à un homme de savoir et de si fortes convictions.

L'ingénieur général Bloch avec Marc Fosseux, secrétaire général de la Fondation à Reims, juillet 2012
L’ingénieur général Bloch avec Marc Fosseux, secrétaire général de la Fondation à Reims, juillet 2012

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