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La pensée du général de Gaulle et ses premières confrontations avec le monde politique naissent du désir de refonder, de remodeler la défense nationale. De fait, la préoccupation de la défense et de l’indépendance de la France, l’une n’allant pas sans l’autre, peut apparaître comme l’un des principaux fils conducteurs de la pensée gaullienne, des années 1930 à son départ du pouvoir en 1969. Plusieurs axes de réflexion se dégagent en effet sur le long terme :

  • le souci de l’indépendance et donc l’articulation entre politique de défense et politique étrangère, qui dès les années 1930 amène de Gaulle à critiquer l’inadéquation entre le système français, basé notamment sur la petite Entente, et l’absence de force de projection rapide ;
  • l’obsession de la modernité, la volonté de garantir l’indépendance et l’excellence technique du système de défense français par la mise en place d’une industrie de Défense travaillant en étroite collaboration avec le ministère, et pouvant devenir à terme un outil d’influence et d’échanges dans la politique d’alliance de la France ;
  • la nécessité de penser la relation entre les pouvoirs politique et militaire de manière optimisée ;
  • la volonté de penser la politique de défense à l’échelle mondiale, dans un contexte pourtant marqué par la décolonisation.

Ces grandes orientations peuvent apparaître comme des constantes dans la pensée et l’action du général de Gaulle, aussi bien dans sa conduite des choses militaires que dans son action politique, sur le long terme. Bref, l’étude de la Défense constitue un angle de vue privilégié pour définir la vision gaullienne, qui offre, en outre, un angle de vue original sur d’autres domaines de sa politique (réorganisation constitutionnelle, politique économique, politique étrangère, etc…). D’autre part, on peut considérer que ces principes et ces décisions constituent pour les successeurs de De Gaulle un héritage, un moment de refondation face auquel il s’agit de se positionner.

C’est de ce point que voudrait partir la réflexion que la Fondation Charles de Gaulle, en partenariat avec le Ministère de la Défense, l’Assemblée nationale et le Sénat, se propose de développer dans ce séminaire qui sera constitué de trois journées d’études, chacune animées par un thème spécifique.

Il s’agira en effet de tenter de définir cet héritage gaullien à la lumière de l’historiographie la plus récente, et de la confronter à des acteurs de la politique de Défense aujourd’hui : d’une part des militaires ou hauts-fonctionnaires de Défense, d’autre part des responsables politiques spécialisés dans les questions de Défense.

De cet aller-retour entre passé, présent et avenir, plusieurs types de questionnements peuvent en effet émerger : la perception de l’héritage gaullien par les praticiens de la Défense est-elle conforme à celle des historiens ? Que reste-t-il aujourd’hui de cet « héritage » gaullien ? Peut-on y voir la définition d’un « modèle » français de défense, et comment celui-ci a-t-il évolué ?

Télécharger le programme du séminaire

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