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C’est en lisant The Telegraph, qu’il était possible d’apprendre le décès, le 10 avril dernier, de Madame Jeannette Guyot.  Elle est partie à 97 ans, discrète, citoyenne tranquille parmi les autres. Et pourtant…

Ses 20 ans, elle les passe dans les champs et les bois, à marcher la nuit en silence, ployant son dos, suivie d’enfants, hommes et femmes, qu’elle délivre de la Terreur. La ligne de démarcation n’est pas loin. Officier de liaison du Colonel Remy, réseau Confrérie Notre Dame, elle se fait prendre. Elle est jeune, jolie. Les grands manteaux de cuir de la SS vont le lui faire payer.

Trois mois après cet avertissement charnel, elle part à Lyon, et remet le couvert. Dewavrin, le relais de De Gaulle en France, la recrute. L’aile noire de la Gestapo la frôle. Les Anglais la récupère in extremis, le 13 Mai 1943 ; la légère porte du Lysander de la RAF, s’ouvre, l’avion ne s’arrête même pas. Jeannette court, court, avec dans son dos le sifflement des balles allemandes.

A Londres, elle s’ennuie derrière un bureau. Ah oui ! une fille qui veut faire la guerre, et jolie en plus…OK, tu vas t’entraîner avec les Américains et les Britanniques, à la dure . On prépare le plan Sussex, en vue du débarquement. Elle est parachutée en bord de Loire, côté Vendée. Elle repère des zones de largage….elle part à Paris et monte un clandé d’opérateurs radios….. dans un tabac mitoyen d’un bureau de la Gestapo !! Bref, une cinglée, une divine cinglée, un de ces anges aux ailes immaculées qui ont sauvé notre pays de la barbarie.

Chevalier de la Légion d’Honneur, Croix de Guerre avec Palmes, Cross of the American distinguished Service (DSC), British George medal, et officier de l’Ordre du British Empire (sous le nom de Gauthier).

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