Il y a 50 ans, le 7 mars 1966, la général de Gaulle avait ces mots célèbres, annonçant la sortie de la France du commandement intégré de l’OTAN :

« La France se propose de recouvrer sur son territoire l’entier exercice de sa souveraineté, actuellement entamé par la présence permanente d’éléments militaires alliés ou par l’utilisation habituelle qui est faite de son ciel, de cesser sa participation aux commandements « intégrés » et de ne plus mettre de forces à la disposition de l’OTAN ».

Dictée par un souci de recouvrer une pleine indépendance nationale, cette décision est à replacer dans un contexte de long terme. Dès l’automne 1958, devant le refus américain d’envisager une direction tripartite de l’OTAN, le Général entame un processus de désengagement, symbolisé par le départ de la flotte française de Méditerranée du commandement intégré de l’OTAN en février 1959.

Le corolaire en est la recherche de la souveraineté française dans le domaine nucléaire, la première bombe atomique française étant testée en 1963 : il s’agit de ne plus dépendre du « parapluie nucléaire » américain, et de convaincre les partenaires européens des limites de celui-ci. Cette décision entre donc en pleine cohérence avec d’autres objectifs de la politique du Général : renforcer l’unité européenne, dépasser la logique des blocs.

Cependant, cette recherche d’indépendance conduit le Général à « modifier la forme de l’alliance sans en altérer le fond ». Allié fidèle des Etats-Unis lors des crises des années 1960 (Berlin en 1961, Cuba en 1962), le Général autorise la poursuite de diverses formes de coopération militaire entre la France et les troupes de l’OTAN : les travaux de Frédéric Bozo ont d’ailleurs montré que la décision de 1966 avait été à l’origine d’un processus de refonte du fonctionnement de l’OTAN, et d’une rénovation de la relation entre les Etats-Unis et leurs partenaires.

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