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Yves Guéna vient de nous quitter à l’âge de 93 ans, et nous perdons avec lui un Français Libre de la première heure, fidèle gaulliste et un grand homme de la Vème République. Le président Jacques Godfrain et toute l’équipe de la Fondation Charles de Gaulle lui rendent hommage et s’associent à la peine de sa famille.

Une cérémonie religieuse aura lieu aux Invalides mardi 9 mars à 9h30 suivie d’une cérémonie officielle présidée par le Président de la République à 10h45.

Né en 1922, il est élève au lycée de Brest lorsqu’il entend l’appel à la résistance lancé par le général de Gaulle le soir du 18 juin 1940. Le lendemain, il monte à bord d’un remorqueur de la marine qui l’emmène à Ouessant. Puis, dans la nuit du 19 au 20 juin, il embarque sur un chalutier en direction de l’Angleterre.

« J’étais en ce soir de 18 juin, résolu à quitter le pays avant qu’il fût occupé »

« J’arrivai à Brest alors que la ville, surprise de sentir soudain l’approche de l’ennemi, était survolée par quelques avions allemands, recevait ses premières bombes et entendait claquer les canons anti-aériens de la marine. Mon père restait à Brest. Je partis avec ma mère et mon jeune frère dans la petite maison au bord de la mer, à une vingtaine de kilomètres à l’ouest de la ville, où nous passions chaque année les vacances d’été. C’est là que j’appris la demande d’armistice ; il y avait déjà en raison des événements, quelques estivants dans cette station balnéaire ; la première réaction autour de moi fut, je m’en souviens bien, l’incrédulité et, sinon le désir de résister, du moins le refus de cette lamentable issue. Le lendemain 18 juin, dans la journée, nous sûmes que les Allemands avaient dépassé Rennes. A la nuit tombée, je fus averti que les troupes anglaises et françaises – pour celles-ci, il s’agissait du corps expéditionnaire récemment revenu de Norvège – s’embarquaient pour l’Angleterre – donc qu’on ne défendrait pas l’extrême pointe de la Bretagne – et aussi qu’un général venait de lancer à la radio de Londres un appel à poursuivre la lutte. (…) J’étais en ce soir de 18 juin, résolu à quitter le pays avant qu’il fût occupé. (…) Je sautai dans un remorqueur de la marine commandé par un vieil officier marinier bienveillant et nous appareillâmes pour Ouessant. C’était le 19 juin 1940. »

Le Temps des certitudes, 1940-1969, Flammarion, 1982

Apres une longue période de formation, il est envoyé en Afrique et, en 1942, il est affecté au 1er RMSM avec lequel il participe notamment à la seconde bataille d’El Alamein. En 1944, lieutenant au 4e escadron du RMSM, il débarque avec la 2ème DB en Normandie où il est grièvement blessé.

En 1946, Yves Guéna est admis à l’ENA, bénéficiant d’un régime d’accès facilité en tant qu’engagé volontaire au côté de la France Libre. En 1947 il devient contrôleur civil au Maroc, puis maître des requêtes au Conseil d’État. En 1958-1959, il est conseiller technique puis directeur de cabinet de Michel Debré, alors garde des Sceaux. Entre le 4 juin 1958 et le 14 juillet il travaille, avec un petit groupe informel sous le contrôle du général de Gaulle, à la rédaction de la constitution de 1958 qui régira la Vème République. Il est nommé, en juillet 1959, haut-commissaire puis, à partir du 8 août 1960 (le lendemain de l’indépendance de la Côte d’Ivoire), envoyé exceptionnel plénipotentiaire en Côte d’Ivoire.

En 1967 il devient ministre des Postes et Télécommunications, puis, le 30 mai 1968, ministre de l’Information, avant de redevenir la même année ministre des Postes et Télécommunications, fonction qu’il conserve jusqu’en 1969. Dans le gouvernement Messmer, il est ministre des Transports entre 1973 et 1974, puis ministre de l’Industrie, du Commerce et de l’Artisanat.

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Egalement très impliqué sur le plan local, il est député de la première circonscription de la Dordogne entre 1962 et 1981, inscrit au groupe RPR de l’Assemblée nationale (avec des interruptions de son mandat lors de ses fonctions ministérielles). Conseiller général de la Dordogne entre 1970 et 1989, il est aussi député de la Dordogne de 1986 à 1988, et vice-président de la commission des finances de l’Assemblée nationale.

Maire de Périgueux à partir de 1971, il quitte ses fonctions en 1997 après sa nomination au Conseil constitutionnel par le président de la République Jacques Chirac, il en deviendra président entre 2000 et 2004.

C’est à cette même période, entre 1999 et 2006, qu’il assure la présidence de l’Institut puis de la Fondation Charles de Gaulle, dont il était encore président d’honneur.

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