Le capitaine de Gaulle à Douaumont (26 février-2 mars 1916)

Du 26 février au 1er mars, le 33e Régiment d’infanterie, auquel appartient le capitaine de Gaulle, opère sur la rive droite de la Meuse et effectue un certain nombre d’opérations de routine dans un secteur se situant au nord-est de Verdun. Le fort de Douaumont est occupé depuis le 25 février par des éléments du 24e régiment brandebourgeois, une des unités d’élite de l’armée allemande engagée dans cette zone.

Le 2 mars 1916, le capitaine de Gaulle vient à peine de monter en ligne en avant du village de Douaumont avec la 10ème compagnie du 33ème R.I qu’une attaque massive des Allemands, frontale et à revers, écrase complètement son bataillon. Blessé d’un coup de baïonnette, il perd connaissance et est laissé pour mort sur le champ de bataille.

C’est donc à titre posthume qu’il reçoit la citation suivante :

« Le capitaine de Gaulle, commandant de compagnie, réputé pour sa haute valeur intellectuelle et morale, alors que son bataillon, subissant un effroyable bombardement, était décimé et que les ennemis atteignaient la compagnie de tous côtés, a enlevé ses hommes dans un assaut furieux et un corps à corps farouche, seule solution qu’il jugeait compatible avec son sentiment de l’honneur militaire. Est tombé dans la mêlée. Officier hors de pair à tous égards ».

Ramassé par une patrouille ennemie, il reprend connaissance dans un hôpital à Mayence avant d’être conduit au camp d’Osnabrück en Allemagne. Il passera trente-deux mois en captivité, tentant par cinq fois de s’évader. Toujours repris, il ne regagnera la France qu’avec l’armistice du 11 novembre 1918.

« La catastrophe qui pour moi a terminé la campagne » – Charles de Gaulle

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Charles de Gaulle raconte :

 « Ma 10ème compagnie occupait donc le saillant N.O. du village, formé par l’église, et se reliant à gauche avec le 1er bataillon (Cie Mayot)…

Tout à coup, littéralement derrière moi, et à quelques mètres apparut dans les ruines du village un flot de Boches lançant des grenades ; et qui, en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire, sautèrent dans ma tranchée …

Je fus presque immédiatement entouré moi-même avec une poignée de soldats et je pus constituer quelques moments une sorte d’îlot de résistance. L’ennemi passa outre d’ailleurs…

Voyant que l’ennemi accablait de grenades le coin où je me trouvais avec quelques hommes, et que d’un moment à l’autre nous allions y être détruits sans pouvoir rien faire, je pris le parti d’aller rejoindre la section Averlant. Notre feu me paraissait avoir dégagé de Boches un vieux boyau écroulé qui passait au sud de l’église. N’y voyant plus personne, je le suivis, en rampant, avec mon fourrier et deux ou trois soldats. Mais à peine avais-je fait dix mètres, que dans un bout de boyau perpendiculaire, je vis des Boches accroupis pour éviter les balles qui passaient. Ils m’aperçurent aussitôt. L’un d’eux m’envoya un coup de baïonnette qui traversa de part en part mon porte-cartes et me blessa à la cuisse. Un autre tua mon fourrier à bout portant. Une grenade qui m’éclata sous le nez quelques secondes après acheva de m’étourdir . »

(Lettre au colonel Boud’hors, 8 décembre 1918).

Lire un article complémentaire sur le site de la Mission du Centenaire.

Voir une vidéo de 1966 sur la bataille de Verdun sur le site de l’INA :

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