Eve CurieUne conférence-signature de Claudine Serre-Monteil est organisée à la Fondation Charles de Gaulle à l’occasion de la parution de son ouvrage Ève Curie, l’autre fille de Pierre et Marie Curie (chez Odile Jacob), le mardi 16 février 2016 à 18h30. 

Inscriptions dans la limite des places disponibles :
01 44 18 66 96 – trouiller@charles-de-gaulle.org

Ève Curie, l’autre fille de Pierre et Marie Curie, par Claudine Monteil (Odile Jacob, 2016)

Claudine Monteil-Serre est une ancienne diplomate qui a notamment occupé des fonctions en relation avec les Nations Unies (Unicef et Unesco). Elle signe ici la première biographie sur Eve Curie avec les témoignages des familles Joliot-Curie et Labouisse, des archives de la famille Joliot-Curie, d’Henry Labouisse, son mari, ancien directeur exécutif de l’Unicef et diplomate américain, du musée Curie, et, bien sûr, de celles d’Eve Curie.

L’engagement d’Eve Curie auprès du général de Gaulle

Appartenant à une famille française illustre titulaire de cinq prix Nobel, Eve Curie, la fille cadette de Pierre et Marie Curie, n’a pas choisi la voie scientifique. Elle n’en fut pas moins une des Françaises les plus importantes et admirées de son temps.

Après une courte carrière de pianiste virtuose, elle publie en 1937 Madame Curie, l’histoire de sa mère qui lui apporte une renommée mondiale, couronnée aux États-Unis par le prestigieux National Book Award for Non Fiction. L’admiration dont elle est l’objet dépasse la France et les Etats-Unis. Sa beauté, son élégance, fascinent. Son intelligence, sa capacité d’analyse, sont également remarquées par les dirigeants politiques.

Engagée dès le 23 juin 1940 auprès du général de Gaulle qui lui rendra hommage, Eve Curie lutte pour la reconquête de la France au sein des Forces françaises libres. Le Général joue avec elle la carte de son illustre famille. Eve Curie intervient à la fois dans le journal France et à la BBC, espérant que des Français l’entendront sur le territoire occupé, rendant hommage au général de Gaulle qui a « eu le courage de faire appel à ces patriotes français ».

Eve Curie sillonne également à plusieurs reprises les Etats-Unis pour la défense de la France Libre. Depuis les Etats-Unis, elle publie avec Philippe Barrès et Raoul de Roussy Sales, chez son éditeur américain, Doubleday , des témoignages de compatriotes sur l’Occupation affirmant leur volonté de ne pas renoncer à se battre.
En 1941, envoyée par des journaux américains sur le champ de bataille, elle côtoie, en plein conflit, de l’Europe à l’Amérique, de l’Afrique à l’Extrême Orient, les principaux acteurs politiques de son temps : outre le général de Gaulle, Eleanor et Franklin Roosevelt, Winston Churchill, Gandhi, Nehru, Chou En Laï, le Shah d’Iran et tant d’autres, personnages clefs.

En 1942, après un travail d’influence considérable aux Etats-Unis et sur les autres continents, Eve Curie s’engage directement dans la lutte : « Nous devons être prêtes à aider les armées qui vont libérer la France. Le meilleur moyen est, en temps de guerre, de se trouver en uniforme sous commandement militaire […] Nous devons être les interprètes entre le peuple français et les forces alliées». La voici au sein des Volontaires françaises libres, d’abord auprès du général de Lattre de Tassigny à Alger puis auprès du général Diego Brosset, comme officier de liaison à son Etat-Major.

A la Libération, elle codirigera avec Philippe Barrès un quotidien proche des vues gaullistes, Paris Presse. La sortie de la France du commandement intégré de l’OTAN en 1966 lui causera un profond désarroi alors qu’Eve Curie a occupé les fonctions de Conseillère spéciale du Secrétaire Général de l’OTAN de 1952 à 1954. En dépit de cette décision qu’elle réprouve, elle gardera jusqu’à sa disparition en 2007, dans sa cent troisième année, admiration et gratitude envers l’homme du 18 juin 1940 et fidélité à la France Libre et à ses combattants.

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